La petite fille de papier

FR.

Les mains posées sur la rambarde, j’observe les vagues que provoque l’avancée lente et puissante du navire. Le vent me souffle sur le visage malgré le soleil chaud qui m’irradie. N’étant pas assez grande, je me mets sur la pointe des pieds en espérant voir des dauphins. Nous avons embarqué pour un long voyage. Pour le sud. Le sud de quoi? Je ne sais pas. Maman m’a dit mais j’ai oublié. Ma tête était encore ailleurs. Papa dit toujours que je suis une rêveuse. Et quand je demande à maman si papa a raison, elle ne répond pas et fait semblant de ne pas m’entendre. De toutes façons, elle fait toujours ça dès que je parle de papa. Alors je parle à Mookie. Mookie c’est ma peluche en forme de singe qui parle. Personne ne me croit mais lui et moi, on a de longues conversations. On parle de plein de choses. Maman a voulu me le retirer une fois mais papa l’en a dissuadé. Il a dit que j’étais encore trop jeune pour me le retirer. J’ai tout entendu, ils étaient devant la porte de ma chambre. Depuis que papa est parti, maman laisse Mookie tranquille. Je l’ai entendu dire à mamie que j’en aurai besoin pendant un petit temps encore.
Alors que j’essaye de passer ma tête par-dessus la balustrade, je sens que l’on me tire en arrière. C’est maman. Sa main sur mon bras, elle me regarde fixement avec de grands yeux, comme si elle avait vu un fantôme. Je n’ose rien dire. Je comprends sans comprendre qu’elle a eu peur que je ne tombe.origami 1 Je crois même que la peur a cédé place à la colère. J’essaye de la calmer en lui disant que je voulais simplement voir les dauphins. Ma copine de classe Chloé m’a dit qu’elle en avait vu une fois, lors d’une croisière avec ses parents. Maman m’explique que c’est dangereux. Que j’aurai pu tomber et ne jamais voir un seul dauphin de ma vie. Elle me met ma casquette, me prend la main et me fait marcher avec elle sur le navire. On marche lentement en faisant le tour. Il n’y a pas grand monde. Quelques couples prennent un café au soleil, appuyé sur la balustrade. Des familles sont assises aux tables sur le pont. Des parents avec des poussettes passent à côté de nous. Un garçon qui fume et une femme qui écoute de la musique avec un énorme casque sur la tête. Il y a aussi plein de gens habillés en costumes. Qu’est-ce qu’ils doivent avoir chaud! Déjà qu’avec ma robe j’ai trop chaud… Elle me colle dans le bas du do
s. Ça gratte un peu même. Maman aussi semble avoir chaud. Elle a une trace dans le milieu du dos. Son débardeur paraît un peu plus foncée. Elle a attaché ses cheveux aussi. On a la même coiffure aujourd’hui: une queue de cheval. Mais la sienne est beaucoup plus longue que la mienne. Et puis, elle a les cheveux châtains alors que les miens sont blonds. Elle dit qu’un jour, j’aurai peut-être sa couleur de cheveux car lorsqu’on grandit, nos cheveux changent. Elle aussi est née avec les cheveux tout blond.

Je la suis avec Mookie dans les bras. Alors que je mets mon pouce dans ma bouche, maman me le retire de son autre main. Elle dit que je n’ai plus l’âge de sucer mon pouce. Mais c’est quoi avoir l’âge? Qui a décidé que « qui » avait l’âge de « quoi » ? On continue de marcher lentement. Le vent est chaud mais il nous rafraîchit quand-même, faisant légèrement danser ma robe et la jupe de maman. Elle m’emmène à l’intérieur du navire, à la cantine. Il fait plus frais. Il n’y a pas beaucoup de monde. Tant mieux, j’aime pas ça quand il y a trop de monde. Elle prend un plateau, m’obligeant à lâcher sa main. Je refuse. Elle insiste. Pourquoi veut-elle m’abandonner? Je commence à avoir peur. Elle me dit de lui tenir la jupe. Je peux me cacher en-dessous? Non. Bon. Je lui tiens sa jupe avec Mookie dans les bras. Des gens me regardent en souriant. Ils sont bizarre. Ou alors c’est moi qui suis bizarre? J’ai peut-être quelque chose sur le visage? Maman marche vite. Elle met plein de choses sur le plateau mais je n’arrive pas à voir. Ah, si! J’ai vu du jus de pomme! Et je sens l’odeur de frites. On passe devant une dame et sa machine et maman donne des pièces. Elle marche à travers la cafétéria, moi toujours accrochée à sa jupe comme si je risquais d’être abandonnée si je la lâchais. On avance encore et maman m’emmène à une table avec banquette. Je m’assois sur la mousse rose toute douce mais qui colle ma robe à mes cuisses. Beurk. Je n’aime pas la sensation. Maman détourne mon attention en me faisant manger. Des frites! Du poisson pané! Et du ketchup! J’ai jamais le droit au ketchup! J’adore ça!
Après manger, maman et moi allons-nous reposer dans la « cabane ». Il fait plus frais ici. Et ça sent le propre. J’attrape mon sac et m’installe sur la couchette. Maman s’assoit à côté de moi. Elle me dit de dormir un peu en regardant le ciel bleu par le hublot. Non. J’ai envie de prendre mes coloriages. Entre deux cahiers de coloriages, je retrouve un papier. Oh! Qu’il est beau. Ça a la forme d’une poupée mais en papier. C’est papa qui me l’a fait l’autre fois. J’avais oublié que c’était là. Le papier est rose. Ça ressemble à une petite fille avec des tresses mais une des tresses a été arrachée. Tant pis, elle reste belle quand-même. Je la montre à maman. Elle ne dit rien. Elle regarde ma poupée en papier et une larme coule sur sa joue. Tu pleures maman? Non. Elle ne pleure pas. Pourquoi le sel roule sur tes joues alors? C’est la petite fille de papier? Tu n’aimes pas? Si. Papa lui en faisait aussi. Mais maman a eu le droit à un cygne. Et plein d’autres encore qu’elle garde dans une boîte. Mais ma préférée, c’est le chausson de danseuse. Parce que maman est danseuse avec « l’étoile ». Je lui tends la petite fille de papier, pour qu’elle s’arrête de pleurer mais ses larmes coulent encore plus. Maman, il est où papa? Ah, c’est encore pire. Pourquoi tu pleures comme ça maman? Elle met sa tête dans ses mains et secoue les épaules pour chasser sa douleur. Je m’approche d’elle et lui mets la main sur la tête. Un bisou sur le front et ça devrait passer. Elle me le fait parfois quand je me fais mal. Et la douleur part quand elle fait ça alors peut-être que la douleur partira en lui faisant un bisou. Elle relève la tête et me prend dans ses bras. Elle ferme un peu le store et s’allonge avec moi dans le lit. Il fait bon dans la « cabane ». L’air est climatisé. Mes paupières deviennent lourdes mais j’ai envie de colorier. Non. Finalement, j’ai envie de faire dodo. Quand je demande à maman comment voir papa, elle me dit qu’il faut dormir: en fermant les yeux il apparaitra. J’essaye souvent mais je ne le vois pas très bien. Pourtant je le cherche. Je l’appelle. Mais rien. Je préfèrerai qu’il soit là en ouvrant les yeux…

Quand je les ouvre, je vois maman qui me regarde. Je lui sourit. Elle me sourit aussi. Elle m’enlève la mèche qui me colle le front. Je regarde dans son autre main: ma poupée en papier. Tu l’as gardé maman. Oui. Elle me le rend. Je sens le bateau qui bouge un peu sur la gauche. Puis sur la droite. C’est rigolo. On dirait le manège à Disneyland. Maman se lève. Elle remet ses chaussures, me remet les miennes, prend mon sac à dos avec mes coloriages
dedans et on sort de la « cabane ». Elle ferme la porte et je pleure. Pourtant Mookie est avec moi. Oui, mais pas ma poupée en papier. Maman, s’il te plait, laisse-moi prendre ma poupée en papier. Elle soupire puis rouvre la porte. Je rentre vite dans la pièce et récupère le papier que j’avais laissé bird-cute-origami-photo-Favim.com-252500sur le lit pendant que maman m’enfilait mes chaussures. Je ressors. Maman me sourit. Je lui souris. Je suis contente. Elle m’emmène vers les tables sur le ponton. On s’assoit. Je sors mes cahiers, elle sort son livre. Je sors mes crayons, elle sort son téléphone. Je me mets à dessiner, elle se met à lire. Les voix des gens qui nous entourent s’effacent peu à peu. Je n’entends que les mouettes et mes crayons qui balayent mon cahier. La poupée en papier est devant moi. Moi aussi j’ai envie d’essayer. Papa les faisait si bien… Je prends un peu du papier que maman a mis dans mon sac avant de partir de chez nous. Elle sait que j’aime colorier. Je prends le papier tout propre et essaye de suivre, sans la défaire, les pliages de la poupée de papier que m’a fait papa. Je n’y arrive pas. C’est pas grave, je suis patiente. Je finirai par y arriver. Je sens le regard de maman par-dessus son livre. Une petite brise souffle dans mes cheveux et les font danser. Après avoir essayé avec plusieurs bouts de papier, je finis par réaliser une poupée… qui ne ressemble à rien en fait. Je pousse un profond soupir d’exaspération. Maman pose son livre, prend un papier et commence à le plier dans tous les sens. Je la regarde faire, émerveillée, comme je le suis lorsque papa le fait. J’adore le papier. J’adore gribouiller dessus, faire des dessins où y raconter des histoires. J’adore l’odeur aussi. Maman fronce les sourcils. Elle se concentre. Je la regarde faire sans rien dire. Papa lui a peut-être appris comment faire. Quand elle eut terminé de remuer les mains, elle retourna le bout de papier qu’elle tenait et me le tendit: Une grenouille! Elle s’excuse parce qu’elle ne sait pas faire de poupée en papier. Mais je suis  contente, j’ai une grenouille. Je prends alors mes crayons de couleurs et commence à colorier le papier blanc dans une couleur vert kaki. Les yeux seront… Jaune! Et je vais lui faire des tâches de rousseurs rouges. Comme ça, on les verra bien à travers le vert. Fini! Je le montre à maman qui a repris son livre. Elle me sourit et me caresse le visage. J’adore quand elle fait ça. C’est comme papa qui me pince souvent le nez. Et même qu’il arrive à l’attraper et le cacher mon nez. Ensuite, on part ensemble, avec Mookie, à la recherche de mon nez. D’ailleurs, il est jaloux. J’accorde plus d’attention à la poupée de papier qu’à lui. Bah oui mais la poupée de papier, ça fait longtemps que je ne l’ai pas vu. On a plein de choses à se raconter. Elle me raconte toutes les aventures qu’elle a rencontré. Elle n’a pas été drôle sa vie au fond de mon sac. Mookie s’en fiche. Il est triste. Je lui montre la grenouille de papier. Il ne l’aime pas beaucoup non plus. Tu ne trouves pas ça beau? Non. Bon. Tu ne veux pas jouer avec nous? Non. Bon. Je ne sais pas quoi faire. Je pousse un long soupir. Je n’aime pas prendre des décisions comme ça. Si papa était là, il aurait su quoi faire. Il sait toujours quoi faire. Il prend toujours les bonnes décisions. La poupée en papier refuse aussi de jouer avec Mookie. Puisque c’est comme ça, je retourne à mes coloriages. Je les mets tous les trois côte à côte: Mookie, la poupée et la grenouille de papier. Dans la vie, il faut faire des efforts. Maman me le dit toujours. C’est dur, c’est vrai. Je n’y arrive pas toujours puisque quand maman détourne son attention de moi, je me sens perdue, seule, abandonnée. Là, je n’arrive pas à faire d’efforts. La peur que notre cordon « médical » soit coupé pour de bon m’effraye! Personne ne nous détachera l’une de l’autre. C’est elle-même qui me l’a promis. Je continue de colorier sur mon cahier de coloriage. Je les vois tous les trois, muets. Ils refusent toujours de se parler. Tant pis. Ils sont punis. Je les ignore encore un peu.

Je soupire. Comment les ignorer lorsqu’ils me font ces yeux? C’est plus fort que moi, je dois les prendre dans mes bras. Séparément bien sûr, sinon ils vont se disputer. C’est agaçant d’être tiraillée comme ça. Et si nous faisions tous les trois un effort? La grenouille de papier nous regarde et rigole. Non, ce n’est pas drôle. La poupée de papier et Mookie feront un effort et moi, j’essaierai de consacrer à chacun le même temps. Comme ça, tout le monde est content. Mookie est embêté mais il comprend. Il se met tout seul dans un coin pendant que je joue avec la poupée en papier. D’ailleurs, c’est quoi ton nom? Rosie? C’est joli comme prénom. Ça ressemble à Mookie. C’est bizarre que vous ne vous entendiez pas alors que vous avez presque le même
prénom… C’était comment alors au fond de mon sac? Ça sentait les chaussettes? Ah, j’ai peut-être laissé une de mes chaussettes tout au fond. Et la fraise? J’ai dû y faire tomber un bonbon… Tu te sentais seule? Comme moi en ce moment sans mon papa? Tu t’es sentie emprisonnée? Tu te sens libre maintenant? Tu respires pourtant l’air pur de la mer. Tu sens le sel que dépose le vent sur tes lèvres? Tu n’en as pas? Attends, je vais t’en dessiner. Et si je colorie ta tresse restante en rose, tu m’en voudrais? J’aime beaucoup cette couleur. D’ailleurs, c’est pourquoi papa t’a créée sur papier rose. Tu vas voir, tu vas adorer le rose que j’ai choisi. J’aimerai avoir les cheveux roses moi aussi. Mais maman rit quand je le lui dis. Je vais te faire une robe violette. Ça va avec.
Le vent chaud caresse mon visage alors que je colorie encore. Je décide de retirer ma queue de cheval pour que le vent les fasse danser. Oh, c’est frais comme sensation sur ma tête. J’avais vraiment trop chaud avec ma casquette. Je regarde autour de moi et vois une famille qui déjeune sur la table d’à côté. Je les vois rire tous les quatre: les parents et les deux enfants. Je regarde maman et lui demande: Maman, il est où papa? Pourquoi il n’est pas avec nous? Maman repose son livre. Sa main tremble. Je suis nerveuse. Je ne suis pas sûre de vouloir la réponse et pourtant, j’insiste. Il est où? Il me manque. Je sens quelque chose de froid et de dur qui s’immisce entre maman et moi. Je ne sais pas mettre les mots dessus mais je le ressens. Je pose mes crayons: je n’ai plus envie de colorier. Maman s’humecte les lèvres puis me dit qu’on en discutera plus tard.origami 2 Elle me demande de m’assoir à côté d’elle. Je m’exécute. Elle me rattache les cheveux en me faisant une belle queue de cheval puis me remet ma casquette. Je ne sais pas si elle a l’air fâché ou triste. C’est dur à dire. Elle tremble.
Ça m’angoisse. Elle m’a dit que papa était parti. Mais parti où? Ce n’est pas une vraie réponse. Quand on part, en général, on revient, non? Comme lorsque l’on part en vacances: on revient toujours à la maison. Papa aussi reviendra sûrement. Maman me regarde et me propose de m’allonger, la tête sur ses genoux. Je m’installe et mets mon pouce dans la bouche. Je n’ai plus l’âge pour ça, je sais… Je regarde maman d’en bas. Elle semble regarder la mer. Elle me caresse la tête mais elle semble si loin. Maman, pourquoi il est parti papa? Je croyais qu’on partait en vacances toujours tous les trois. Maman ne me
regarde pas et continue de me caresser les cheveux. Le coude posé sur la table, elle porte la main à sa bouche. Elle ne me répond pas. Je suis triste. Je ressens une goutte sur ma joue. Comme une goutte de pluie. Pourtant il fait beau aujourd’hui. Le soleil est très haut dans le ciel. Il dépasse le haut de ma casquette. Je l’essuie et relève la tête. Tu pleures maman? Maman? Sans me regarder, sans même me parler, elle me serre fort dans ses bras. Je ressens sa douleur, sa peur, le danger qui guette notre futur. Je sens bien que quelque chose ne va pas.

Je me relève pour attraper Mookie. Je le prends dans mes bras et le serre fort. Comme maman le fait avec moi. Elle me fait un bisou sur la tête. Je serre Mookie encore plus fort contre moi. Maman, j’ai peur. Je sais qu’il ne faut pas avoir peur mais je n’y peux rien. Je ne sais pas quoi faire pour apaiser notre peur à toutes les deux. Car tu n’as pas besoin de le dire: je la ressens, ta peur. Du coup, j’ai encore plus peur. Je ne comprends pas ce qu’il se passe mais je ressens tellement de choses. Ça se bouscule dans ma tête. Par où commencer? Comment m’expliquer ce qui se passe? On est en plein milieu de la mer, toi, Mookie et moi. Je ne me souviens plus d’où l’on va. Je sais juste que je ne comprends pas. Maman se calme. Elle desserre son étreinte, me laisse respirer et continue de me caresser la tête. Ça m’apaise un peu quand-même. Je ferme les yeux et pense à papa. Il dansait avec toi maman? Elle me raconte alors comment ils se sont rencontrés papa et elle lorsqu’ils étaient jeune, à l’école de danse. Elle me raconte toutes ses étoiles qu’elle avait dans la tête lorsqu’elle tournoyait sur elle-même, telle une patineuse sur glace. Maman dansait, papa aussi mais il la portait souvent en la faisant rêver. J’ai souvent entendu maman dire qu’elle se sentait libre quand papa la faisait tourner dans les airs. Elle en parle beaucoup à Tata. Tata aussi m’a regardé avec des yeux tristes l’autre fois. Je ne sais pas si elle était triste pour elle ou si elle était triste pour moi. Peut-être les deux. J’aimerai bien que papa fasse encore tourner maman dans les airs. Elle rentrait toujours à la maison avec le sourire. Et ils partaient souvent en tournée. Mookie ne comprend pas, je dois alors lui expliquer qu’ils partaient faire le tour de la France, puis de l’Europe. Parfois, on partait tous
ensemble, mais à d’autres moments, je restais chez Tata ou même chez Mamie. Maman m’emmène souvent leur rendre visite. Elles habitent près de chez nous. Et comme je suis jeune, il est plus facile pour tout le monde de me déplacer.
Depuis quelque temps, elle est triste maman. Je sens qu’elle n’est pas heureuse, et puis, elle ne rit quasiment plus. Je me demande comment la tumblr_ljcn8u08qX1qehkbeo1_500_largefaire rire comme avant. Alors j’essaye de la chatouiller comme papa le faisait. Ça ne marche pas avec moi. Rosie m’explique que maman a besoin de se sentir libre. Que c’est en étant libre qu’elle devient la meilleure maman du monde. Comme…. Comme personne que je connais. Donne-moi un exemple que je comprenne. Une héroïne? Comment ça? Rosie m’explique qu’une héroïne a besoin d’être libre pour donner libre cours à son talent. Je ne comprends pas bien. Toi, tu es une héroïne? Non. Moi en suis-je une? Oui. Ah bon? Et c’est quoi mon talent à moi? Maman nous interrompt en remettant ma casquette droite. Je sens la chaleur de sa peau contre la mienne au niveau de nos bras.
Maman, tu vas bientôt redanser avec l’étoile? Tu ne sais pas? Et papa? Il dansera avec l’étoile lui aussi? Non, papa il dort avec…
Un vent plus fort que les autres balaye notre table. Le cahier de coloriage tombe sur le banc, les crayons s’éparpillent tandis que la grenouille en papier et Rosie courrent sur le ponton. Je laisse Mookie avec maman et cours les rattraper avant qu’ils ne se perdent. Ça y’est, j’ai la grenouille en papier dans mes mains. Et Rosie? Je cours encore lorsqu’un second coup de vent l’emmène par-dessus bord. Je la vois alors s’éloigner vers la mer, tel un ange qui vole vers son amour de jadis. Rosie… Les larmes me montent aux yeux tandis que mon nez me pique. Maman me rejoint et me serre fort dans ses bras.

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R.Mc

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